Le mur de Berlin, premier exemple de « border art » !

par | 5 Nov 2019 | Découvrir, Street-art

Photo : « Bruderkuss » de Dimitri Vrubel (un baiser entre Léonid Brejnev, le dirigeant de l’URSS et Erich Honecker, le dirigeant de la République Démocratique Allemande (RDA))

 

Emblème du « border art », il est aujourd’hui une galerie à ciel ouvert … Ce samedi 9 novembre 2019 a lieu un sombre anniversaire, celui de la chute du mur de Berlin !

Symbole de la guerre froide

Érigé en 1961, le mur de Berlin, symbole de la guerre froide, a très tôt été recouvert de graffitis. Sur la face ouest du mur de Berlin, seule partie du mur accessible (à condition de déjouer la surveillance des gardes), se mélangent des messages de paix ou de protestation. Ainsi, le mur de Berlin devient le premier exemple de « border art » ou mur-frontière.

Thierry Noir, l’un des premiers à s’exprimer sur le mur

L’artiste français Thierry Noir, venu s’installer en RFA en 1982, fait partie des premiers artistes à s’exprimer sur le mur de Berlin. Il s’exprime : « Le mur n’était pas peint comme maintenant. Ce n’était que des petites peintures de 20-30 cm de haut sur 20-30 cm de large. Il y avait beaucoup de slogans contre l’armée américaine, de « US go home ». Et la deuxième catégorie c’était beaucoup de slogans racistes, comme « Les Turcs dehors » car il y avait beaucoup de Turcs qui habitaient près du mur. Il n’y avait pas de peintures comme à l’époque à New York, de gros lettrages, ça n’existait pas à Berlin Ouest. […] Je crois que le mur a complètement changé ma vie, d’avoir ce mur devant ma porte et de pouvoir peindre comme je voulais en fait. C’était bien de pouvoir le peindre, il n’y avait pas l’angoisse de dire « Est-ce que je vais faire un truc bien, beau, ou moche ? ». Tout était plus ou moins officiellement politique, car comme il était interdit de peindre le mur, même le fait d’écrire son nom dessus était un acte politique. » (extrait de l’émission « L’Atelier intérieur » en novembre 2013)

Un mur encore vierge

A sa chute en 1989, des artistes s’empressent de peindre la face est du mur, encore vierge. « Le mur de la honte », comme le surnomme les Berlinois, se couvre d’oeuvres emblématiques tel que « Test The Rest » de Birgit Kinder (une voiture traversant le mur) ou « Bruderkuss » de Dimitri Vrubel (un baiser entre Léonid Brejnev, le dirigeant de l’URSS et Erich Honecker, le dirigeant de la République Démocratique Allemande (RDA)).

East Side Gallery

Ainsi, nait la Est Side Gallery, monument en l’honneur de la liberté. Une galerie à ciel ouvert d’1,3km avec une centaine d’oeuvres de 118 artistes du monde entier sur le thème de la division et la réunification de l’Allemagne. On retrouve à plusieurs reprises la thématique de la communication pour rappeler que les Berlinois de l’est n’avaient pas la liberté d’exprimer ce qu’ils ressentaient. En 1992, l’East Side Gallery est classée au patrimoine des monuments historiques.

Une rénovation controversée

En 2009, à l’occasion du 20ème anniversaire de la chute du mur, une vaste rénovation a eu lieu par les artistes eux-mêmes. En effet, les oeuvres subissent les mauvais traitements du temps et surtout des nouveaux graffitis qui les recouvrent et les font disparaître. Cependant, la conservation de ce bout de mur est contestée par la majorité des Berlinois parce qu’avant d’être un symbole de liberté, il est avant tout la cicatrice de la division de Berlin et de l’Allemagne.

Un 30ème sombre anniversaire

À l’occasion du trentième anniversaire de la chute du mur de Berlin, de nombreuses structures proposent de revivre ce moment d’histoire : des oeuvres street-art au CHRD à Lyon, des archives au MUCEUM à Marseille, la construction d’un mur de 70m à Toulouse, une exposition d’affiches à Parisdu cinéma allemand au Arras Film Festival à Lille, des tables rondes et témoignages à Strasbourg, etc.

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