Banksy, Invader, Jef Aérosol… Peut-on voler une oeuvre street-art ?

par | 20 Nov 2019 | Découvrir, Street-art

Photo : Rat masqué portant un cutter de Banksy, près du Centre Pompidou, volé en septembre 2019.
Crédit Photo : Instagram de Banksy

Banksy, Invader, Jef Aérosol et de nombreux autres street-artistes se sont déjà fait voler leurs oeuvres dédiées à la rue ! A qui appartient une oeuvre street art ? Que deviennent les oeuvres volées ? Quelles sont les stratégies des artistes pour limiter les vols ?

De nombreux exemples de vols

En quelques années, l’artiste Banksy s’est fait voler une dizaine de pochoirs ! Kissing Coppers de Banksy à Londres avait été volé en 2011 puis vendu aux enchères en 2014 à la FAAM (Fine Art Auctions de Miami) pour 575 000$. En septembre 2019, au centre Pompidou, un rat masqué portant un cutter de Banksy a été découpé à la scie d’un panneau en métal à 3m de hauteur. Chaque été, plusieurs pièces de l’artiste Invader sont décollées pour être revendues sur Internet. Plus récemment, en novembre 2019, c’est le pochoir de l’artiste Jef Aérosol dans le Panier à Marseille qui a disparu à peine quelques heures après avoir été collé.

 

Où vont les oeuvres volées ?

Ces quelques exemples nous montrent que les vols sont plutôt fréquents ! Certaines oeuvres sont volées pour le plaisir personnel, c’est à dire qu’elles sont dérobées par des amateurs et ne seront pas revendues. Pour les autres oeuvres volées, elles sont revendues sur Internet, Ebay, … et peuvent même arriver jusqu’aux mains des maisons d’enchères. Par exemple, Julien’s Auctions, maison d’enchère spécialisée dans les ventes-souvenirs des stars hollywoodiennes, mentionne des mosaïques, dont la provenance, douteuse, semble être la rue, adjugées pour quelques milliers de dollars.

 

Qui est le propriétaire de l’oeuvre ?

L’artiste ? Le propriétaire de l’immeuble ? Tout le monde ? Lorsqu’une oeuvre street art est apposée sur un support urbain (un mur, une porte, un panneau, …) sans autorisation préalable, l’oeuvre appartient au propriétaire du mur, il peut donc en faire ce qu’il souhaite : repeindre par-dessus, l’arracher, … Cependant, l’artiste reste propriétaire de son idée et des droits associés à son oeuvre ! Ainsi, le propriétaire du mur ne peut pas retirer l’oeuvre pour la mettre chez lui, l’exposer dans une galerie, ou la vendre car cela porte atteinte à la nature de l’oeuvre qui a été pensée pour être précisément à cet endroit.

 

Des plaintes rares

Néanmoins, les street-artistes portent rarement plainte ! En effet, cela ne s’inscrit pas dans la culture du street-art. Faire de la rue son terrain de jeu, c’est accepter les risques que cela comprend : l’oeuvre peut être détériorée, recouverte, voire volée. De plus, porter plainte signifie révéler sa véritable identité, ce qui est impensable pour certains artistes !

 

Le Pest Control de Banksy

L’artiste Banksy n’a jamais porté plainte pour le vol de ses oeuvres ! Cependant, il a créé un centre de certification où il détermine si les oeuvres sont bien les siennes et si elles sont destinées à la vente ou non. En effet, les pochoirs qu’il dépose dans les rues ne sont pas certifiés, ils ne sont donc pas destinés à être vendus.

 

Les techniques d’Invader

L’artiste Invader, lui, utilise une colle plus puissante et fait fabriquer des carrelages plus fragiles afin de rendre leur décollage difficile. « Street art ne signifie pas «c’est dans la rue, c’est à tout le monde, donc c’est à moi et je vais aller me servir pour le ramener dans mon salon». Ce n’est pas parce que des œuvres ont été réalisées sans autorisation qu’elles ne sont pas protégeables en tant que créations. » (extrait de l’interview d’Invader pour Libération en 2017)

La communauté de Jef Aérosol

L’artiste Jef Aérosol a été averti par un membre de sa communauté du vol de son oeuvre collée une heure plus tôt. Malgré le fait qu’il signe différemment les oeuvres destinées à la rue que celles destinées à la vente, cela n’a pas empêché le voleur de passer à l’acte. L’artiste lance un appel à sa communauté : « Si vous le voyez passer sur eBay ou ailleurs, merci de me faire signe. » (extrait d’un post Instagram de Jef Aérosol en novembre 2019)

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